Lettre d'information n°3 - 8 mars 2007.
Depuis notre dernière lettre d’information, il s’est écoulé 6 mois (déjà !)… Mais rassurez-vous ce silence n’est pas dû à une quelconque hibernation de l’Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale, bien au contraire… Jugez-en plutôt :

Exposition Cara a España…

Du 8 au 31 mars prochains, la Casa d’España abritera Cara a España. L’immigration espagnole en région liégeoise : histoire et mémoire des clubs Federico García Lorca, la nouvelle exposition mise sur pied par l’IHOES, en collaboration avec le club Federico García Lorca de Liège. Conçue par Maite Molina Mármol, auteur d’un mémoire consacré aux Lorca en région liégeoise (département d’Information et Communication de l’université de Liège, 2006), cette exposition entend livrer une contribution à l’étude de l’immigration espagnole en Belgique, un sujet qui, jusqu’à présent, n’a été que rarement abordé. En 1970, pourtant, avec ses 67 000 membres, la communauté espagnole de Belgique constituait le troisième groupe d’étrangers en importance dans notre pays. Liège a constitué une des régions d’accueil de prédilection pour les immigrés économiques espagnols, en raison dans un premier temps de ses nombreux charbonnages, ensuite de son important bassin industriel.
Au travers d’une douzaine de panneaux explicatifs, de quelques vitrines et d’un montage audiovisuel basés sur des archives inédites et des témoignages d’immigrés de différentes générations, cette exposition met en évidence les diverses causes de l’immigration espagnole en les replaçant dans leur contexte (guerre civile, besoin de main-d’œuvre dans l’industrie charbonnière belge de la fin des années cinquante). Elle aborde la question de la double appartenance culturelle qui a marqué la première génération d’immigrés et son évolution auprès de ses descendants. Pour ce faire, elle adopte un angle d’approche très original : le développement, à la fin des années cinquante, des clubs Federico García Lorca (du nom du célèbre poète fusillé aux premiers jours de la guerre civile). Ces associations, qui ont été créées à l’origine pour servir de « couverture » au Parti communiste d’Espagne (PCE), condamné à l’illégalité tant en Espagne qu’en France et en Allemagne, ont constitué un point d’ancrage pour les Espagnols et témoignent de l’évolution progressive des rapports des immigrés avec leur pays et leur culture.

Par ailleurs, dans le prolongement de l’exposition, diverses manifestations culturelles seront mises sur pied : ainsi, un petit cycle de films illustrant certaines des thématiques de l’exposition sera organisé (chaque mercredi du mois de mars à 19h30) au ciné-club Nickelodéon de l’université de Liège (salle Gothot). Le lundi 19 mars à 20h, Natacha Lillo, historienne et maître de conférence en civilisation espagnole contemporaine (Paris VII – Jussieu) viendra présenter à l’université de Liège (au Grand Physique) son documentaire « Espagnols de la Plena » et participer à un débat avec Maite Molina Mármol en vue de comparer les politiques d’accueil pratiquées en Belgique et en France.

Au-delà de l’histoire d’une association d’immigrés en Belgique, l’exposition et les manifestations culturelles qui l’accompagnent entendent également susciter la réflexion sur la mémoire collective et la manière dont celle-ci fonctionne. En cela, ce projet s’inscrit dans le contexte actuel qui est marqué par le désir de retrouver ses racines, par le besoin aujourd’hui omniprésent de la recherche identitaire.

Données pratiques :
Du 8 au 31 mars prochains à la Casa d’España (130 Bd de la Sauvenière à 4000 Liège).
L’exposition est ouverte le mercredi de 14 à 18 heures et du jeudi au dimanche de 10 à 18 heures.
Entrée libre / un catalogue complète l’exposition.

Pour plus d’informations sur l’exposition et les activités parallèles, nous vous invitons à consulter le dépliant en ligne.

Plus d'infos

Analyses en ligne

L’IHOES poursuit sa publication d’analyses en ligne entamée à l’automne dernier… Aux textes proposés précédemment se sont ajoutés entre autres Éducation permanente et roulements de tambours divers dans lequel Jean-Pierre Nossent, président de l’Institut et Inspecteur honoraire de la culture auprès de la Communauté française, livre ses réflexions sur le décalage entre le nouveau décret sur l’éducation permanente et les acteurs de terrain. Figurent également sur notre site Utopie et résistance sur Internet de Lionel Vanvelthem, De la Résistance à l'action pour la paix où Micheline Zanatta met en évidence le « prolongement » de la Résistance au travers des mouvements pour la paix, Approche épistémologique de l'anarchisme par Nicolas Inghels, Un exemple d’opposition de la gauche à Rex : Arthur Gailly et le comité antirex à Charleroi par Flore Plisnier ou encore des articles consacrés à l’ankylostomiase, maladie des mineurs (par Guénaël Vande Vijver) ou à la presse clandestine à Huy (par Ludo Bettens).

Ces analyses peuvent être consultées ICI.

Les activités du centre d’archives

Notre intense activité d’éducation permanente ne doit pas faire oublier le travail quotidien qui est mené par notre centre d’archives. Nos collections se sont encore accrues grâce à de nouveaux dépôts : fonds André Masai (relatif aux mouvements pacifistes dans le Borinage pour les années 70-80), des archives de l’Union des Coopératives et un don de Madame Pillon de 24 affiches sur le communisme international et le pacifisme. Quelque 150 dessins et aquarelles supplémentaires d’Edmond Dubrunfaut sont venus compléter l’important fonds que nous conservions déjà de cet artiste engagé et cofondateur du mouvement Forces murales. Par ailleurs, notre bibliothèque s’est enrichie sur la même période de quelque 500 ouvrages d’histoire économique et sociale en provenance de l’université de Liège et d’environ 100 ouvrages (notamment sur la Seconde Guerre mondiale) achetés chez un brocanteur en cessation d’activités. Par ailleurs, nous vous annoncions en septembre l’acquisition par l’IHOES du logiciel d’inventorisation Pallas. Nous sommes très heureux de vous annoncer que près de 200 périodiques (plus de la moitié de la lettre A) et environ 700 monographies ont d’ores et déjà été encodés. Il s’agit de la majorité des ouvrages consacrés à la Seconde Guerre mondiale (à l’exception du récent achat mentionné ci-dessus) et de quelque 300 ouvrages sur la philosophie. Par ailleurs, l’IHOES a mis son premier inventaire (le Fonds Presses Raskin) en ligne. Les fonds Van Lierde et André Beauvois suivront prochainement.

Pour consulter nos collections en ligne, il vous suffit de cliquer ICI.

Enfin, notre accueil des lecteurs a fait un important bond qualitatif depuis janvier dernier, date à laquelle notre salle de lecture s’est dotée de trois postes de travail informatiques permettant aux chercheurs de consulter sur place notre catalogue.

Institut d'Histoire ouvrière, économique et sociale
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